Attention, attention ....
Voici en exclu' le texte que je vais envoyer pour le concours !!!
En espérant qu'il vous plaise et si c'est le cas, en espérant qu'il plaise autant au membre du jury qui ne sont pas des moindres !
Je devais écrire sur le personnage qui m'a rapproché des mots...
Votre avis m'est essentiel! Alors, SVP !!!!!!!!!!
Bon j'arrete de parler... chut....
J'ai un jour fais la rencontre d'un magnifique personnage. Sa beauté m'a de suite interpellée. Il portait des vêtements verts et un cache nez de fils dorés.
Mon avion s'est aussi écrasé. Je devais avoir neuf ans. Antoine de Saint-Exupéry était passé bien avant moi. Je n'ai juste fait que suivre son parcours. Le chemin était tracé, les obstacles dégagés, le danger évaporé. Je me suis cachée derrière les pages de ce livre tout neuf. Un livre comme ses semblables qui sentent cette odeur bien particulière, cette odeur que j'adore. L'odeur de mots encore inconnus. J'ai lu. J'ai pénétré dans la vie de ce personnage qui m'a paru si simple, sans grande importance. Je devais être trop jeune pour le comprendre.
Et puis quelques années plus tard, je ne pourrais pas dire combien exactement, je suis retournée au même endroit. Les livres sont des paysages lointains qui, à chaque lecture, nous emmènent ailleurs. J'étais seule et j'eus ce besoin de revoir ce désert, j'eus l'envie de revenir pour voir si cet être si beau que j'avais espionné le temps de quelques mots était toujours là, malgré ces années qui étaient passées. J'ai remis les pieds dans le sable saharien. C'était doux et chaud. Il n'y avait plus les empreintes de mon premier atterrissage. Antoine de Saint-Exupéry n'était plus là. Il faut qu'il revienne ! Je ne sais pas dessiner, moi ! L'histoire reprenait son cours et je n'ai pas dû me lancer dans une activité artistique qui aurait sûrement fini au désastre ! Les mots courraient sur le papier, je les ai suivis...
J'étais seule et il regardait l'horizon. J'aurai voulu qu'il me pose une quelconque question ou échanger un silence tout simplement. Ma timidité m'a toujours dépassée. J'ai alors préféré l'admirer en essayant de m'estomper dans le paysage de désert. Il était tellement beau ! Il regardait le soleil qui se couchait sur ces terres africaines. J'ai toujours aimé les couchers de soleil. Est-on obligatoirement triste lorsqu'on les aime ? C'est peut-être ce que j'étais. Seule. Triste. Je me suis assise par terre. Je me suis mise à pleurer, l'épuisement sans doute.
Quand j'ai relevé la tête, il était là tout près de moi. Il m'a demandé ce que je faisais là, à pleurer seule dans le sable. Pourquoi étais-je revenue alors que je l'avais ignoré jusque là ? Sa colère provoquait chez moi une désagréable sensation, je ne pourrais vous expliquer laquelle. C'est étrange, c'est unique. Son sourire serein me rassura. Il était là maintenant, pleurer devenait inutile.
Nous nous sommes regardés longtemps sans prononcer la moindre parole. Il est nécessaire d'apprivoiser les gens avant de gagner leur c½ur. Un renard lui avait enseigné cela un jour.
Mes mots ont manqué de patience et j'ai percé cette bulle de silence et de questions muettes :
- Excuse moi, je ne veux pas t'importuner mais... Je suis désolée. Je ne suis qu'une inconnue de passage et je vais bientôt partir.
Je n'avais pourtant pas l'intention de m'en aller d'ici avant d'avoir fait plus amplement sa connaissance. Il continua :
- Je te connais déjà un peu. Je sais qui tu es et je sais aussi ce que tu viens faire là.
- Pardon ?
- Je t'ai vue lorsque tu as ouvert ton livre pour la première fois et que tu as atterri ici.
- Tu m'as vue ?
- Tu sais, dans le désert il n'y a pas grand-chose derrière quoi se cacher. J'étais le seul pouvant sentir ta présence, Antoine n'en a rien su. Et tu es partie si vite lorsque les mots eurent fini leur mission. Mais je savais que tu reviendrais. Alors j'ai attendu et te voici aujourd'hui.
- Je regrette d'avoir fui comme je l'ai fait. Je ne connais pas les raisons de ce départ si soudain. Tu dis savoir ce que je fais là ?
- Ferme les yeux. Que sens-tu ?
Où voulait-il m'emporter ? Qu'attendait-il ? Je fermai les yeux. Que ressentais-je ?
- C'est vide. Je ne ressens que cela, du vide !
- J'ai remarqué ton arrivée. Je voulais te laisser réfléchir un peu avant que nous nous rencontrions. Quand tu t'es mise à pleurer, j'ai alors su que tu en avais pris conscience et que tu étais prête. Il a alors fallut que l'on s'apprivoise. Et tu as rompu le silence, tu as fait le premier pas. Je n'ai fait que t'écouter.
Je trouvais son dialogue paradoxal. Pour moi pleurer n'était que signe de faiblesse et n'avait jamais servi à solutionner le moindre problème. Quelqu'un m'avait un jour affirmé le contraire mais j'avais encore bien du mal à m'en convaincre. Il a repris :
- Tu sais, les histoires que les livres racontent ne changent pas. Les mots ne font que leur travail au travers des pages ouvertes. Ce n'est seulement toi qui les vois autrement.
- Sur ta planète, est ce que les choses sont plus faciles qu'ici ?
Il a rit. Nous avons parlé longuement. Il m'a décrit ses voyages vers les astéroïdes dont les noms riment avec les mathématiques. Il m'a narré ses rencontres avec tous ces personnages dévorés par l'orgueil, la vanité, et bien d'autres défauts qui les rendaient aveugles.
- Ces gens n'ont rien compris, m'a-t-il confié, et il est d'ailleurs si difficile de les comprendre. Sur la Terre c'est aussi comme cela.
- Est-ce que grandir signifie que je vais m'enfermer dans ce monde là ? Je rêve de l'évasion. Le quotidien est si monotone, la vie si courte pourtant ! Les Hommes aiment les chiffres mais ils comptent aussi leur amour, leurs sourires. Ils jugent alors qu'ils sombrent dans leur ignorance ! Tu l'as toi-même dit ! Toi et ta fleur ! Souviens-toi !
- Je me rappelle... Mais ceux-là nous font aussi comprendre ! C'est eux qui nous donnent la bonne direction. Il est si difficile de savoir qui l'on est. Mais connaitre la personne que l'on refuse de devenir aide à résoudre ce mystère. Nous nous bâtissons au fil des expériences, des rencontres et des voyages.
- Mais doit-on être confrontés aux douleurs, à la mort et aux rêves détruits pour devenir soi ?
- Bien sûr, ces étapes nous font comprendre et grandir mais te souviens-tu de cette fontaine ? Antoine et moi avons avancé jusqu'à boire son eau si pure. C'était irréel. Mais nous y avons cru. Les miracles existent. Il suffit de leur donner espoirs et croyances. Ils nous aident à avancer eux aussi. Ils sont même essentiels. Ce sont ces bonheurs qui font de la vie une belle histoire.
- La vérité n'est pas comme on la voit dans certains livres illustrés...
- N'est-ce pas toi qui as dit que les livres nous faisaient voyager ? Tu verras lorsque tu auras découvert qui tu es, tu ne seras plus seule. Je vais partir maintenant. Tu as suivi mon parcours, je t'ai enseigné tout ce que je pouvais t'apprendre. A toi maintenant de continuer...
- Je ne veux pas que tu partes. Tu m'as donné le meilleur de ce qui tu avais. Pourquoi partir maintenant ?
- Souviens-toi des étoiles...
J'ai pleuré son départ. Je pleurais ce petit être qui venait de me faire ouvrir les yeux sur le monde dans lequel je vis aujourd'hui. Les étoiles... Je me souviens de cette histoire que me racontait ma grand-mère le soir. On a tous une étoile qui brille pour nous dans le ciel. Elle brille plus fort que les autres, elle chante notre mélodie favorite. Mon nouvel ami, lui connaissait aussi ces étoiles là. J'ai alors su qu'il aurait sa place parmi mon ciel.
Certains trouveront excessif de raccrocher ma vie à l'existence du personnage de St-Exupéry mais il venait de changer ma vision sur celle-ci. Je serais sans doute peut-être devenue une grande personne moi aussi... La vie n'est une longue inspiration où l'oxygène n'est qu'une ouverture sur les autres. De nombreux écrivains disent que l'écriture est une respiration. Apprendre à vivre m'a-t-il appris à écrire ou ai-je trouvé mes mots dans cet apprentissage ? Je pense que quelqu'un le sait. Il est unique. J'en ai toujours été persuadée...
Je l'avais auparavant ignoré. J'étais passé sans m'arrêter. Il m'a sûrement pardonné. L'essentiel n'est-il pas invisible pour les yeux ? C'était ses paroles.
Je voudrais répondre à Antoine de Saint Exupéry : moi aussi je l'ai vu et d'autres le verront sûrement après nous. Quand ils seront perdus comme je l'étais, quand ils douteront, quand ils ne comprendront les gens qui les entourent.
C'était peut-être un ange. Peut- être un rêve. Une hallucination. Nous nous sommes apprivoisés, nous avons parlé et nous nous sommes quittés. J'ai grandi. Il a gagné mon ciel étoilé.
J'ai croisé un jour un personnage magnifique, le plus beau à mes yeux, le plus grand malgré son jeune âge. Oui, je l'ai revu. Le Petit Prince est revenu.